Le Marché Citoyen - l'annuaire pour consommer autrement
AlimentationHabillementSantéServicesVoyagesHabitatLoisirsTransports
Groupe Chèque Déjeuner
SOL
tous les partenaires

Abeilles : Une mortalité inexpliquée

Ajouté le 01 Mars 2008

Partenariat

abeilles - © Gianluca CordellinaAlors que les apiculteurs militent pour l’interdiction d’un insecticide, le Cruiser, une étude de l’AFFSA n’a pas pu mettre en évidence de "relation statistique entre la présence de résidus et les populations d’abeilles, ni avec la mortalité des colonies".


abeilles - © Gianluca Cordellina« Aucune relation statistique entre la présence de résidus [de pesticides] et les populations d’abeille adultes et larvaires, ni avec la mortalité des colonies n’a pu être mise en évidence ». C’est une des conclusions d’une étude de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, publiée en février dernier. Ces résultats arrivent en pleine polémique sur l’homologation par le ministère de l’Agriculture d’un nouvel insecticide, le Cruiser, comportant des « risques inacceptables » pour les abeilles, selon le rapport d’un comité dépendant du ministère.

Alors que les apiculteurs militent pour l’interdiction d’un nouvel insecticide systémique, le Cruiser, autorisé récemment par le ministère de l’Agriculture, une étude de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), publiée vendredi dernier, n’a pas pu mettre en évidence de « relation statistique entre la présence de résidus et les populations d’abeille adultes et larvaires, ni avec la mortalité des colonies » d’abeilles.

Une enquête multifactorielle

Au milieu des années 90, les apiculteurs ont commencé à constater des problèmes de surmortalité des abeilles. Les taux de mortalité dépassaient largement les 5 à 10 % traditionnellement constatés en apiculture. Les insecticides systémiques, enrobant les semences de maïs et de colza, sont alors mis en cause, ce qui débouche sur l’interdiction du Gaucho en 1999 et en 2004 et du Regent en 2004. Mais en 2006, un nouveau pic de mortalité est constaté dans les colonies d’abeilles. L’énigme reste entière. Dans ce contexte, l’ambition de l’Afssa était de rechercher les causes de cette surmortalité.

De 2002 à 2005, une étude de terrain en conditions naturelles sur 120 colonies d’abeilles domestiques dans 24 ruchers répartis en France métropolitaine, a été menée. A raison de quatre visites par an dans les ruchers, les chercheurs ont suivis le niveau de population, l’état sanitaire (examens cliniques et recherche des agents pathogènes), la présence de résidus d’une quarantaine de pesticides dans la ruche, les pratiques apicoles, ainsi que la mortalité des colonies et des abeilles.

Des agents pathogènes en cause

Ils n’ont pas pu constater de disparition soudaine et importante des abeilles telle que décrite par les apiculteurs (le protocole mis en place ne permettait de mettre en évidence que des variations importantes des populations des colonies suivies). Par ailleurs, les principales conclusions mettent en évidence la présence de maladies ou d’agents pathogènes (notamment la varroase et les loques) expliquant pour partie les mortalités constatées, et des anomalies (qualifiées de problème de reine) pouvant être attachée à des maladies propres à la reine, à l’exposition à des résidus de pesticides ou encore à la toxicité des traitements vétérinaires.

Concernant les insecticides, des résidus à des doses très faibles ont été détectés dans l’ensemble des matrices apicoles (abeilles, miel, cire, pollen). Les chercheurs estiment qu’il existe des « synergies possibles entre les divers résidus de pesticides d’une part, entre les résidus de pesticides et les agents pathogènes d’autre part ».

Pour autant, cette étude, « fondée sur un très petit nombre d’observations », n’a pas permis d’établir de « relation statistique entre la présence de résidus et les populations d’abeille adultes et larvaires, ni avec la mortalité des colonies ».

Elsa Bellanger


Source :
Logo - © JDD
www.developpementdurablelejournal.com



Partenariat


l'annuaire pour consommer autrement