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Thon rouge : Un tiers de pêches illégales
Ajouté le 01 Avril 2008

Selon le WWF, l’énormité des moyens mis en œuvre pour pêcher le thon rouge en Méditerranée conduit inévitablement à une sur-pêche illégale.
Dans une nouvelle étude sur le thon rouge, le WWF montre que la capacité de pêche des flottes méditerranéennes est disproportionnée par rapport aux ressources disponibles, rendant inévitable une sur-pêche illégale qui pourrait représenter en 2008 un tiers des prises totales. Pour pallier cette surexploitation qui condamne le thon rouge à disparaître, l’organisation environnementale appelle les Etats concernés – la Turquie, surtout, mais aussi l’Italie, la France, et l’Espagne -, à réduire d’un tiers au moins leurs flottes de pêche en Méditerranée.
Après avoir appelé les enseignes de la grande distribution à boycotter le thon rouge le temps que les stocks se reconstituent, le WWF vient de publier un rapport dénonçant la présence en Méditerranée d’une flotte de pêche disproportionnée par rapport aux réserves de cette espèce menacée.
Un rapport qui « dévoile l’absurdité d’un système hors de contrôle, où des centaines de navires hi-tech font la course pour attraper une poignée de poissons », selon Sergi Tudela, responsable « Pêche » au WWF Méditerranée.
Selon l’organisation environnementale, les flottes qui sillonnent la Méditerranée ont une capacité de pêche qui représente « plus de trois fois et demi les niveaux de pêche recommandés par les scientifiques pour éviter un effondrement des stocks. »
Pour Sergi Tudela, « la flotte est tellement grosse que la simple couverture des frais implique un tiers de pêches illégales, les principaux coupables étant la Turquie, l’Italie, la Croatie, la Libye, la France et l’Espagne. »
13 000 tonnes de pêches illégalesBien que la Commission internationale pour la conservation des thons atlantiques (ICCAT) ait fixé à 29 500 tonnes maximum les prises de thon rouge pour 2008, le rapport montre que, « pour couvrir leurs coûts, les flottes méditerranéennes devront pêcher 42 000 tonnes de thon, soit 13 000 tonnes de prises illégales. »
Pour Sergi Tudela, « les nouvelles flottes sont tellement modernes et coûteuses que les pêcheurs sont forcés de pêcher illégalement juste pour survivre. »
Aussi le WWF appelle-t-il les Etats responsables de cette sur-pêche illégale à réduire leurs flottes de manière drastique. « Pour garder les capacités de pêche en deçà des limites imposées pour 2008 par l’ICCAT, la flotte méditerranéenne doit remiser 229 navires, soit le tiers d’une flotte de 617 embarcations. »
En conséquence, le WWF estime que la France devrait réduire sa flotte de 45 %, l’Italie de 36 %, et l’Espagne de 34 %.
Et, ce, simplement pour respecter les quotas de pêche attribués par l’ICCAT.
Quotas alloués de manière trop généreuse pour assurer un véritable renouvellement des stocks, selon le WWF, qui, sur la foi de recommandations scientifiques, estime qu’il faudrait mettre en fait 283 navires en cale sèche pour garantir la survie du thon rouge en Méditerranée. William Bolle
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