Thon rouge : La CITES rejette la proposition de l’UE
Ajouté le 01 Avril 2010

La conférence de la CITES sur le commerce des espèces sauvages menacées a rejeté la proposition de l’Europe qui visait à suspendre les exportations de thon rouge d’Atlantique Est et de Méditerranée.
Les pêcheurs et industriels de ce marché particulièrement juteux en Asie ont été soutenus par le Japon, mais aussi par nombre de pays en développement.
La 15e cession de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction qui s’est ouverte le 13 mars à Doha (Qatar) n’aura pas réussi à changer la donne malgré la pression de l’Europe et des mouvements écologistes. La proposition visant à suspendre les exportations de thon rouge d’Atlantique Est et de Méditerranée a été rejetée.
C’est la principauté de Monaco qui avait lancé le mouvement en faveur de cette espèce en danger en demandant début mars qu’elle soit inscrite sur la liste de l’annexe 1 de la CITES protégeant de tout commerce les espèces vivantes menacées d’extinction. L’Union européenne avait immédiatement suivi, se prononçant en faveur de cette proposition comme l’ont fait les Etats-Unis le 3 mars dernier.
Les représentants des 27 pays européens se sont décidés dès le 10 mars comme les y avait invité la Commission européenne le 22 février. La France avait déjà arrêté sa position début février suivie par l’Italie puis par l’Espagne.
Diminution de 75% des stocks en 50 ans
L’UE souhaitait donner ainsi un sursis au thon rouge d’Atlantique Est et de Méditerranée en réclamant, pour une durée de trois ans, un embargo sur son commerce à l’échelle internationale. Les 175 pays affiliés à l’ONU et signataires de la CITES réunis jusqu’au 25 mars au Qatar n’ont pas été convaincus par les arguments de l’Europe.
Des experts scientifiques estiment pourtant que depuis 50 ans les stocks ont diminué de 75%, plus particulièrement durant la dernière décennie où la chute aurait été de 60%. Des études contestées par le lobby des pêcheurs, mais aussi nombre de pays en développement (dont la Libye et le Soudan) et par le Japon qui consomme près de 80% de la pêche mondiale de thon rouge. « C’est la défaite de cette espèce emblématique », a commenté avec amertume Carlos Drews de WWF.
34 000 espèces protégées
La CITES (Convention on International Trade in Endangered Species of Wild Fauna and Flora, connue aussi sous le nom de Convention de Washington) a été créée sous l’égide des Nations Unies en 1973 et ses adhérents se réunissent tous les trois ans. Au cours de cette 15e cession de l’institution internationale, pas moins de 70 séries de mesures et propositions sont examinées.
A ce jour, la convention a classifié 34 000 espèces protégées estimant que leur exploitation ou leur commerce constitue une menace pour leur existence. Elle a constitué trois annexes. On retrouve dans la première plus de 800 espèces animales et végétales dont le commerce est interdit. Dans la seconde, qui recense plus de 32 000 espèces, se trouvent celles dont le commerce contrôlé doit être soumis à un permis.
Enfin, l’annexe 3 regroupe moins de 300 espèces, elle est constituée d’espèces qui de manière unilatérale ont été protégées par les Etats qui les abritent et qui souhaitent réglementer leur exportation. Chaque Etat membre de la CITES doit transposer dans sa législation les mesures prises par la convention.
Philippe Martin
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