OGM : La patate amère de la Commission européenne
Ajouté le 01 Avril 2010

La Commission européenne a décidé d’autoriser la culture d’une pomme de terre OGM, c’est la première autorisation de culture donnée par Bruxelles depuis 1998.
4 autres produits dérivés de cultures OGM sont autorisés dans l’élaboration de produits destinés à l’alimentation humaine ou animale. Une « déclaration de guerre » pour les associations et les écologistes.
La Commission européenne a autorisé hier mardi 2 mars la culture « à des fins industrielles » de la variété de pomme de terre génétiquement modifiée Amflora produite par le groupe allemand BASF, ainsi que l’utilisation des produits dérivés de l’amidon de cette variété OGM pour nourrir les animaux. Par ailleurs elle a autorisé l’utilisation de trois produits contenant du maïs génétiquement modifié de Monsato dans l’élaboration de produits destinés à l’alimentation humaine et animale (MON863, NK603 et MON810), indiquant que ces produits « ont reçu un avis favorable de la part de l’EFSA », l’agence européenne de sécurité des aliments.
« Les cinq OGM autorisés ont été examinés avec la plus grande attention, de sorte que les préoccupations exprimées au sujet de la présence d’un gène marqueur de résistance aux antibiotiques ont été pleinement prises en compte » a expliqué John Dalli, le commissaire européen chargé de la santé et de la consommation. Il a également annoncé que la Commission avait « entamé une réflexion sur la manière d’allier un système d’autorisation européen à la liberté de décision des États membres en ce qui concerne la culture des OGM » et qu’elle entend présenter avant l’été une proposition « visant à laisser aux États membres plus de latitude pour décider de cultiver ou non des OGM ».
« Une déclaration de guerre »
BASF a fait savoir hier que la pomme de terre Amflora n’était pas destinée à la France « dans l’immédiat », mais seulement aux pays européens « prêts à l’utiliser » : la Suède, les Pays-Bas, la République Tchèque et l’Allemagne. Greenpeace France a toutefois appelé le gouvernement français à faire jouer la clause de sauvegarde, car selon l’association cet OGM présente "un risque inacceptable pour la santé humaine et animale et l’environnement".
Greenpeace note aussi que c’est la première fois depuis 1998 que la Commission autorise un nouvel OGM dans l’Union européenne. « C’est une mauvaise journée pour les citoyens européens et l’environnement" a pour sa part ajouté l’association écologiste Les amis de la terre qui voit dans cette décision « une véritable déclaration de guerre à l’égard des citoyens européens majoritairement opposés aux cultures OGM ». Sur le plan politique, les écologistes en France, mais aussi au parlement européen, n’ont pas tardé à réagir. « Je suis choqué de voir que le commissaire à la Santé et à la protection des consommateurs, John Dalli, n’a eu besoin que de quelques semaines dans ses nouvelles fonctions pour exprimer un soutien aussi flagrant aux intérêts industriels", a déclaré notamment l’eurodéputé vert Martin Häusling.
Stéphane Davin
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