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Photovoltaïque : Vent de polémique sur le solaire

Ajouté le 01 Septembre 2010

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Panneaux - © Patrick MooreAccusé de freiner le développement de l’énergie solaire en France, le gouvernement annonce que la France « est très largement en avance sur la mise en oeuvre des objectifs du Grenelle ». Les professionnels du secteur montent au créneau.


Panneaux - © Patrick MooreLa France seraient « très largement en avance sur la mise en oeuvre des objectifs du Grenelle Environnement (1 100 MW installés fin 2012 et 5 400 MW en 2020) », selon le gouvernement qui réplique aux critiques sur une nouvelle baisse du tarif d’achat de l’électricité solaire par Edf. Selon un communiqué du Meeddm, la puissance cumulée du parc photovoltaïque installé en France était de 81 MW fin 2008 et sera de 850 MW fin 2010, soit une multiplication par 10 en 2 ans. Les projets déposés à ce jour représenteraient par ailleurs plus de 3 000 MW.

Si les tarifs applicables aux installations domestiques d’une puissance inférieure à 3 kWc (soit environ 30 m2 de panneaux) resteront inchangés à 58 c€ par kWh, la baisse sera de 12 % pour les autres projets dès le 1er septembre (après publication au Journal Officiel d’un arrêté envoyé le 23 août pour avis à la Commission de régulation de l’énergie et au Conseil supérieur de l’énergie). Une baisse de 17 à 30 % avait déjà eu lieu début 2010.

Éviter la spéculation

« Cet ajustement permet d’éviter les effets d’aubaine spéculatifs et résulte de la diminution des coûts des équipements photovoltaïques, qui représente environ la moitié du coût des projets », justifie le ministère de l’énergie et du développement durable. Selon le Meeddm, « l’essor spectaculaire du photovoltaïque français démontre que la phase d’amorçage de la filière est achevée ». Le développement entrerait désormais dans une phase plus mature et le coût des matériaux suivrait une baisse régulière et structurelle. « Le Gouvernement a donc décidé d’adapter le dispositif de soutien par les tarifs d’achats à cette nouvelle phase de développement », poursuit le Meeddm pour qui, même après cette évolution, les tarifs de rachat du photovoltaïque resteront parmi les plus favorables en Europe.

 « Partant d’un niveau de rachat moins élevé qu’en France, l’Allemagne et l’Espagne, nos voisins les plus dynamiques, ont décidé de diminuer leurs propres tarifs de plus de 15 % ».

Cette baisse tarifaire est la première étape d’une adaptation du système de régulation des tarifs de rachat dans l’hexagone, « qui doit devenir plus réactif au développement de la filière et mieux s’articuler avec l’objectif d’une croissance de 500 MW par an prévu dans le Grenelle Environnement », selon le gouvernement. Cette évolution, « qui doit garantir à la filière des perspectives solides et durables de développement jusqu’en 2020 », doit être préparée à l’automne en concertation avec l’ensemble des acteurs du secteur.

Une complexité administrative

Enerplan a immédiatement réagit à l’annonce de la diminution des tarifs d’achat du photovoltaïque. Si le principe de la baisse avait déjà été intégré dans les propositions de la profession, celle-ci regrette que la complexité administrative s’intensifie. « Plus qu’un coût à la charge de la filière, cela est source d’incertitudes pour les PME et PMI du secteur », explique l’association professionnelle de l’énergie solaire. Si les professionnels du solaire ne sont pas hostiles par principe à une baisse des tarifs, qui était souhaitée par le secteur pour mieux réguler le développement du marché, ils n’ont pas été entendus sur les principales contreparties demandées : simplification administrative et introduction d’un coefficient d’insolation pour pondérer les tarifs de l’intégré au bâti.

« Par ailleurs, le communiqué ministériel introduit la notion de cap (500 MW/an), qui n’est pas sans poser questions sur son application, notamment vis-à-vis d’une différentiation des segments de marché. Ces incertitudes, celles relatives à la marge de tolérance sur l’épaisseur finale du produit intégré dans le plan de toiture, comme celles du pilotage des tarifs en fonction du volume atteint, pénalisent le développement des PMI françaises du photovoltaïque intégré au bâti », explique Enerplan.

Seul aspect positif dans l’annonce gouvernementale, selon l’association : « le maintien du tarif sur le résidentiel, segment à fort contenu en emplois. Toutefois, le secteur doit s’attendre à parcourir la courbe d’apprentissage fiscale de façon accélérée et devra être extrêmement vigilant vis à vis des exigences in fine retenues par le CEIAB pour la définition de l’intégration au bâti ».

Philippe Martin


Source :
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