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Quand il n’y a plus d’AMAP, y en a encore...

Ajouté le 28 Mars 2007

Légumes - © Lorenzo loguQuand j’ai voulu faire partie d’une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), elles affichaient toutes complet. Il faut dire que c’est vite complet une AMAP, elle n’accueille qu’une vingtaine de personnes. Alors j’ai décidé d’en créer une rien que pour moi...


C’est quoi une AMAP ?

Légumes - © Lorenzo loguUne AMAP, c’est une association qui permet à un agriculteur installé à proximité d’une ville d’écouler sa marchandise (fruits et légumes) via un réseau de personnes qui s’engagent à la lui acheter par avance sur une durée d’au minimum 6 mois (la durée varie selon les AMAP).

Les avantages sont multiples. Pour le producteur, c’est l’assurance de vendre sa récolte sur une durée établie au préalable ce qui lui permet d’avoir un peu de visibilité et de pouvoir faire des projets. Pour le consommateur, c’est l’assurance d’avoir des produits de qualité frais, de saison qui arrivent chez lui régulièrement.

L’objectif du système est de favoriser une agriculture de proximité, de permettre aux paysans de poursuivre leur activité et d’éviter la mono-production. Le consommateur s’engage à soutenir l’agriculteur en toute transparence et à partager avec lui les aléas de la production. Le producteur lui, s’engage à fournir des informations sur ses produits et leur mode de production. Jusqu’ici tout va bien… Mais quand j’ai voulu participer à une AMAP, eh bien il n’y en avait pas.
Alors j’ai décidé d’en créer une.

Comment crée-t-on une AMAP ?

Alors d’abord, il faut trouver le producteur. Pas facile car, même en contactant d’autres AMAP, ce n'est pas simple. L’idée, c’est donc d’être autonome. Alors, c’est quoi le problème ? Ben, il faut d’abord trouver le producteur et ce n’est pas si facile, on appelle d’autres AMAP, on surfe sur Internet, et on utilise le système D...

Ensuite, il faut trouver les 20 personnes qui vont souscrire au projet, voyons voir s’il n’y aurait pas des gens intéressés dans l’immeuble car c’est mieux de faire ça avec des gens du quartier. Il manque encore 2 personnes ? Et hop, on resurfe sur Internet et on cherche les assocs du quartier (http://www.peuplade.fr/), les blogs d’immeuble, tout ce qui permet de mettre en relation des personnes vivant à proximité, des voisins quoi ! Et finalement, on finit par les trouver…

Ce n’est pas terminé car maintenant, il faut la gérer l’AMAP, il faut décider du lieu où on va regrouper les «paniers» livrés par le producteur, veiller à ce que les gens viennent les chercher et ensuite faire vivre le projet. Passer une demi-journée chez le producteur par exemple pour comprendre comment il travaille, quels sont les investissements ? Quelle production ?

Une fois que l’on a fait toutes ces démarches, l’aventure peut commencer… Ah oui, j’oubliais, il faut aussi établir le contrat qui lie le producteur aux adhérents pour une durée de 6 mois. Ensuite chacun fait son chèque, les plus « en fond » feront un paiement global pour les 6 mois et les autres 6 chèques à encaisser tous les mois...

Et c’est bien une AMAP?

Eh bien, c’est pas mal ! Surtout au début, on est tout frétillant de voir les paniers arriver plein de bons légumes frais et de fruits de saison. Les idées fusent : et si on faisait un blog pour se filer des recettes, ce serait sympa ? Chacun y va de sa recette aux poireaux miracle, récupérée chez belle-maman ou, mieux, ses petites purées aux légumes mélangés et les compotes, vous m’en direz des nouvelles des compotes !! Et dans la foulée, on achète tous une centrifugeuse, car c’est plus pratique et du jus de légumes, quoi de meilleur pour la santé !

Et puis, le temps passant, on se lasse un peu car on l’avait oublié mais les légumes de saison c’est un peu toujours la même chose, alors quand on voit arriver le 10ème panier garni de céleri / betteraves / poireaux / carottes / pommes de terre et pommes, on se dit mince ! J’aurais bien mangé des kiwis ou des pèches. Eh bien non madame, ce n’est pas la saison. Bof, finalement on s’y fait, on mange juste un peu plus de céleri que d’habitude et les enfants râlent un peu mais ils finiront par s’y faire.

Il faut quand même préciser que les légumes ne sont pas forcèment moins chers qu'ailleurs. Il faut donc des gens motivés et engagés. Il en coûte environ 16,50 euros par semaine et si on paye d’un coup les 6 mois, cela fait quand même 400 euros à sortir. C’est une somme, surtout que là on n’a que les légumes, il faut encore acheter tout ce qui va autour.

Alors on continue quand même?

Oui, c’est sûr, ça nous change mais c’est super de connaître maintenant tous ces gens du quartier. C’est agréable et puis la qualité est au rendez-vous. Après quelques semaines de rodage, l’affaire marche bien, le producteur est content et les bonnes habitudes sont prises. On doit même refuser du monde car avec le bouche à oreille les nouvelles vont vite et les AMAP affichent complet...




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Fiche - AMAP
Rubrique - Fruits & Légumes


Catherine Ginisty


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